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MA TERRE
Cécile Cloutier

L’immense parole d’eau de son fleuve
les sapins qui écrivent le texte de la forêt
la bague des ponts sur les rivières
des Charlevoix de montagnes qui pensent le temps
des gapésie d’oiseaux qui volent l’espace
l’interminable des chemins terminés
les caps longs comme l’éternité
la page blanche de la neige
le silence rond enceint de dires.

EN MARCHANT VERS LE MONT TREMBLANT
à Gaston Miron
Frédérique Jacques Temple

Je suis lac, je mélèze,
je raquette, je harfange,
je portage, j’épinette,
je boucane, je castor,
je saumone, je traîneaude,
j’omble, je truite, j’ourse,
j’orignale, je mirone,
je hurone, je rondine,
j’érablise, je Québecque,

le coeur en fête, je marche:
là est le sud aussi.

GRANDE OURSE
Radio Canada

Une bouche, une voix,
un corps chaud sur moi
qui m’embrase d’amour
de désir, de vie,
voler, crier, danser,
un seul instant…
ne plus être seul.

Sylvain Rivière

Le temps qui court n’a pas de nom
Chacun le nomme à sa manière
Selon qu’il se fait fanfaron
Bonheur, mouvance ou misère.

Quand mon âme se sera tue
Morte de vos sourdes oreilles
Je m’en irai courir pieds nus
Dedans le matin de vos veilles

Quand je n’en ferai qu’à moi
C’est l’enfant de mes premiers pas
Que je serai redevenu.

LE CALEPIN D’UN FLANEUR
Félix Leclerc

Redessiner une ville sur une carte, raser 20 000 taudis et y mettre des parcs, y amener des rivières, planter des millions d’arbres et enfouir la circulation sous terre; aller jusqu’au bout de son imagination, donner sa maison à chaque ouvrier avec jardins et chèvres. Faire surgir mille hopitaux, mille théâtres, mille universités, mille restaurants gratuits. Cela est moins couteux que de voter la plus petite des guerres.

Il est mort d’une balle dans la boîte à projets. (la tête)

Dans sa stalle, le petit cochon qu’on mangera dimanche, regarde son maïtre qui mourra
d’indigestion mardi.

Quand on le coupe il repousse. (le talent)

Il ya des maisons ou les chansons aime entrer.

À chaque douze heures le soleil en a assez. Mais il revient.

Il y a des pays ou l’État paie l’étudiant et lui dit merci.

MONSIEUR MALAUSSÈNE AU THÉÂTRE
Daniel Pennac
Gallimard

• Mademoiselle Verdun Malaussène
(portrait d’un nourrisson)
pages 44 à 46…

C’est gros comme un rôti de famille…
Rouge viande tout comme…
Saucissonné dans l’épaisse couenne de ses langes…
C’est luisant…
C’est replet de partout…
C’est un bébé.
C’est l’innocence.

Mais gaffe…
Quand ça roupille, paupières et poings serrés,
c’est dans le seul but de se réveiller et de le faire savoir.
Et quand ça se réveille…
C’est Verdun!
C’est la mémoire du monde!
Toutes les boucheries de l’homme en une seule bataille!
Les batteries soudain en action,
Le hurlement des shrapnels,
L’air n’est plus qu’un son,
Le monde tremble sur ses fondations,
l’homme vacille dans l’homme,
prêt à tous les héroïsmes comme à toutes es lâchetés
pour que ça cesse,
pour que ça retrouve le sommeil, même un petit quart d’heure,
pour que ça redevienne cette énorme paupiette,
menaçante comme une grenade, certes, mais silencieuse au moins!

Ce n’est pas qu’on dorme soi-même quand Verdun se rendort…
On est bien trop occupé à la surveiller,
à prévoir ses réveils,
mais au moins les nerfs se détendent un peu.
L’accalmie…
Le cessez-le-feu…
La respiration de la guerre…
On ne dort que d’un oeil et sur une oreille.
Dans nos tranchées intimes, le guetteur veille…
Et, dès le premier sifflement de la première fusée éclairante…
À l’assaut, bordel!
Tous à vos biberons !
Des couches, les infirmières !
Des couches, nom de Dieu !
Ce qui est englouti d’un côté déborde presque aussitôt de l’autre
et les hurlements de la propreté bafouée sont encore plus terrifiants
que ceux de la famine.
Des biberons !
Des couches !

Ça y’est Verdun s’est rendormie…
Elle nous laisse debout, hébétés, chancelants,
l’oeil vide fixé sur l’ample sourire de sa digestion.
C’est le sablier de son visage ce sourire.
Il va rétrécir peu à peu, les commissures vont se rapprocher,
et quand cette bouche toute rose ne sera plus qu’un poing noué,
le clairon sonnera l’assaut des troupes fraîches !
De nouveau, le long hurlement vorace, jaillira des tranchées pour investir les cieux !
Et les cieux répondront par le pilonnage de toutes les artilleries…
Et ça dure…
Verdun n’en finit pas…
et l’Histoire se répète…
…Mais ça ne grandit donc jamais ?

• Oeil vide, voix blanche
pages 69 à 71…

Il y a ceux que le malheur effondre.

Il y a ceux qui deviennent tout rêveurs.

Il y a ceux qui parlent de tout et de rien,
pas même du mort, des petits propos domestiques,

il y a ceux qui se suicideront après et que ça ne se voit pas sur leur visage,

il y a ceux qui pleurent beaucoup et cicatrisent vite et

il y ceux qui se noient dans les larmes qu’ils versent.

Il y a ceux qui sont contents, débarrassés de quelqu’un,

il y a ceux qui ne peuvent plus voir le mort,
ils essaient, mais ils ne peuvent pas, le mort a emporté son image,

il y a ceux qui voient le mort partout, ils voudraient l’effacer, ils vendent ses nippes, brûlent ses photos, déménagent, rebelotent* avec un vivant, rien à faire, le mort et toujours là, dans le rétroviseur.

Il y a ceux qui pique-niquent au cimetière et
ceux qui le contournent parce qu’ils ont une tombe creusée dans la tête.

Il y a ceux qui ne mangent plus,

il y a ceux qui boivent,

il y a ceux qui se demandent si leur chagrin est authentique ou fabriqué.

Il y a ceux qui se tuent au travail et ceux qui prennent enfin des vacances.

Il y a ceux qui trouvent la mort scandaleuse et
ceux qui la trouvent naturelle, avec un âge pour, des circonstances qui font que…
c’est la guerre, c’est la maladie, c’est la moto, c’est la bagnole, c’est l’époque, le destin, la vie,

il y a ceux qui trouvent que la mort c’est la vie.

* Et rebelote : [Figuré] [Familier] interjection exprimant qu’une situation se reproduit à l’identique. Atidote 2000.

. . .

AVALEZ LE CRAPAUD
(21 bons moyen d’arrêter de tout remettre au lendemain, pour accomplir davantage en moins de temps)
Bryan Tracy
Net Libris

page16…
Si vous commencez chaque journée en avalant un crapaud vivant, vous traverserez la journée avec la satisfaction de savoir que c’est la pire chose qu’il vous arrivera de toute la journée.

. . .

Si vous devez avaler deux crapauds, commencez par le plus laid des deux.

. . .

Si vous devez avaler un crapaud vivant, il ne sert à rien de rester là à le regarder pendant des heures.

. . .

page 24…
Exécutez votre plan immédiatement. Faites quelque chose…faites n’importe quoi.

. . .

page 42…
…quel que soit votre crapaud, prenez la résolution de l’avaler d’une seule bouchée en tout premier lieu.

. . .

• Parler en public c’est tout comme cuisiner
Marie Brouillette

Il faut prendre le temps de définir qui vous êtes pour découvrir votre style. Ensuite ça vous permet beaucoup plus facilement de décider. Savoir d’abord qui vous êtes. Êtes-vous du type conventionnel, un peu aventurier ou carrément téméraire.
. . .

Toutes les façons sont bonnes si elles sont le reflet de qui vous êtes vraiment. Trop souvent j’ai vu des gens essayer d’en imiter d’autres. Bonne ou mauvaise, ça demeure une copie de quelqu’un d’autre que vous-même….L’authenticité est une clé essentielle à votre succès. Soyez vous-même et croyez-moi, vous n’en serez, que plus crédible.
. . .

Mais je vous assure que si vous respectez qui vous êtes, que vous prenez le temps de bien vous préparez et que vous choisissez de faire preuve de cohérence et d’authenticité en tout temps, il en résultera pour vous et votre auditoire plus d’aisance et de plaisir et votre valeur et votre crédibilité n’en seront que rehaussées.

. . .

J’ajouterais que l’expression « Soyez vous-même et croyez-moi, vous n’en serez que plus crédible » n’est pas valable seulement lorsqu’il s’agit de prononcer un discours. Bien au contraire, l’authenticité est de mise dans toute relation d’affaires avec nos clients, nos fournisseurs, notre banquier et tous ces gens qui constituent notre réseau de contacts”.
Kim Auclair

. . .

Adieu
Petit lion,
Petit dragon,
Joyau de chine
Petit chien de soie

Adieu
Princesse endormie
ensorcelleuse de coeur
Charmeuse de chat
Grande dame pékinois

Adieu
Petit Noël blond,
Tourbillon de joie,
Cadeau du ciel,

Adieu
Petite Ninie
Petit hibou
Fidèle amour
Plaisir éphémère

Rêves-tu de moi dans ton sommeil d’ange?

. . .

Je ne vois que ton absence…
Je n’entends que ton silence,
Ou vole ton âme blanche?

Ou es-tu mon étoile filante?
Trop belle, trop brillante,
trop courte…

. . .

JE RÊVE DE PRINTEMPS

Dans ton panier,
Je t’ai cherché.
Dans la chambre à coucher,
Sous les meubles du salon,
De la cave au grenier,
Je t’ai cherché.

Dans la cour du jardin,
Je t’ai cherché.
À l’ombre des arbres,
Dans la douceur du vent et dans la pluie.
Dans les murmures du ruisseau.
De l’aube du matin à la brunante du soir
Je t’ai cherché

Dans l’éclat du soleil
Je t’ai cherché
Dans la splendeur de la lune
Dans chaque étoile du firmament
Le jour, la nuit
Je t’ai cherché

Dans la calme campagne,
Je t’ai cherché.
Dans la grande ville agitée
Dans les cours d’école
À l’église, dans les mosquées.
Du bas fond des ruelles au plus haut des châteaux,
Je t’ai cherché.

À la Une des journaux,
Je t’ai cherché.
À l’antenne de toutes les radios,
Sur le câble et sur le Web,
Dans tous les dictionnaires et
Les grandes encyclopédies,
Sans arrêt je t’ai cherché…

Je rêve de printemps pour que tu me reviennes…

. . .

Si j’ai la chance de rêver de toi,
Ce sera un peu comme si tu étais là.
Et tu sauras combien tu me manques…

Si j’ai la chance de croiser ton regard doux
Nous nous parlerons sans mots
Et tu sauras combien tu me manques…

Si j’ai la chance de caresser ton pelage roux
Ce sera plein de tendresse
Et tu sauras combien tu me manques…

Et si part bonheur j’ai la chance de pouvoir te prendre dans mes bras,
Ce sera une nuit de fête, on dansera, on s’aimera.
et là, tu sauras vraiment, combien tu me manques…

Quand le matin reviendra,
Encore une fois tu ne seras plus là
et là, JE saurai combien TU me manques.

. . .

DORS

Dors petit chien d’or,
velours du coeur,
bouillotte d’amours.

Dors petite princesse,
Amie aimante,
Consoleuse de coeur,
Réconforteuse d’âme.

Dors petit soleil,
Maré de bonheur,
Joie de Noël à l’année.

Dors petit animal,
à la bouille si mignonne,
aux barbiches frisées,
au pelage lustré.

Dors petit hibou
dans ton pays de rêves infinis.

. . .

J’entends tes petits bruits.

. . .

J’ai été condamnée, il y a de cela un certain temps.

Ce fait me revient quelquefois à l’esprit…mais c’est juste assez éloigné dans la ligne du temps pour que je n’y pense que sporadiquement. La dernière fois que j’y ai pensé, je me suis dit que cette condamnation valait bien un article. On parle après tout, ici, de CONDAMNATION.

J’ai perdu au moins 3 ans de ma vie à avoir des maux de tête récurrents.

Lorsque je me suis décidé à consulter, ce fut plutôt bref: ”Cluster headhache” ou Céphalée de Horton. (On m’a gentiment lu la définition dans le dictionnaire médical). Par la suite, en faisant mes propres recherches, j’ai aussi trouvé des points communs avec l’Algie vasculaire de la face.

Aucun traitement connu, aucune genèse de cette maladie. Ma docteure m’a gentiment signé un ”autographe” me donnait accès à des anti-inflammatoires ”de bonne qualité” au cas ou cela empirerait. Ce faisant, le verdict était tombé et je fus condamné au mal de tête à perpétuité sans possibilité de rémission.

Ceux et celles qui ont déjà connu la migraine sympatiserons avec moi car il n’y a rien de plus limitant que des maux de tête. Il paralysent, ils handicapent sans qu’on ne sache ce qui les causes vraiment. Et si vous avez pris le temps de lire la définition de la céphalée de Horton vous déduirez comme moi, qu’il ne sagit pas de maux ordinaires, c’est plutôt grave et sérieux. Ce genre de diagnostique ne devrait assurément pas être donné à la légère.

Je rentrais donc à la maison, peinarde, affublée d’une nouvelle étiquette. J’avais quand même ”insisté” pour passer des tests d’allergie (lorsque j’avais des maux de tête j’avais également les sinus congestionnés.) au cas ou…mais les allergies se sont avérées innexistantes.

On me dirigea par la suite vers un ORL qui après m’avoir regardé le fond de la gorge et des oreilles avec sa petite lumière et son baton popsicle me prescrivi ”BINGO!” (pour le citer textuellement) une pompe au cas ou cela serait LA solution. Griffonnant sa tablette,il m’incita à revenir le voir si la pompe s’avèrait innutile. Sur ce, il tourna les talons et avant même que j’ai eu le temps d’ouvrir la bouche, il était disparu dans les méandres des couloirs de l’hopital. Je venais “BINGO” de gaspiller 8hrs à l’hopital, sacrifiant ainsi 1 journée de mon salaire et une journée vierge de maux que j’aurais investi bien ailleur si j’avais eu vent du style d’aide que l’on offrait en ORL à coup de BINGO! Vous comprendrez que les journées ou l”on a pas de maux de tête devienne de petits répis dans une mer de tempête et que dans ces journée habituellement on en profite pour vivre à plein. On ne perd surtout pas son temps.

XII • La Peur •

” Émotion pénible, assez violente, qui naît de la prise de conscience d’un danger, d’une menace et qui saisit une personne dans une situation précise. Une peur soudaine, maladive, morbide. Une peur insurmontable, irraisonnée. La peur de l’avion, d’un monstre. La peur de qqn pour qqch. Il me fait peur. Éprouver une peur irraisonnée pour qqch. Être en proie à une peur panique. Il a pris peur. La peur s’infiltre, s’insinue en lui. Avoir peur de parler en public. Par peur ou de peur de son retour. Par peur ou de peur qu’il revienne. • Légère crainte, appréhension. J’ai peur qu’il ne puisse venir. ”
Wikipédia

« Fantôme. Signe extérieur évident d’une frayeur interne. »
Ambrose Bierce

Je suis une trouillarde dans la vie…

n. inquiétude au fém. sing.

” [Vieilli] Agitation, instabilité morale. Inquiétude religieuse, métaphysique.

État pénible d’une personne causé par la crainte, l’appréhension d’un danger, par l’incertitudeUne cruelle, vive inquiétude. Une vague inquiétude. Sujet d’inquiétude. Donner, causer de l’inquiétude. Remplir d’inquiétude. Être, vivre dans l’inquiétude. Se faire de l’inquiétude pour qqn. Être fou d’inquiétude” .
Wikipédia

Je suis plutôt, selon cette définition, une inquiête perpétuelle!

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